La poupée de Monsieur Silence,  Frémok, 2018

illustrations de Goele Dewanckel et texte de Caroline Lamarche

Dans la maison monochrome de Monsieur Silence, une femme interroge sa vie avant de se décider à partir à la rencontre des bruits et des couleurs du monde.

Une fable sur le silence et le bruit, le dedans et le dehors, le renoncement et la liberté.

La Poupée de Monsieur Silence s’ouvre sur une chaise vide. Cette chaise est celle de l’attente à laquelle se résument les journées de la narratrice, amoureuse d’un homme toujours ailleurs, voué à son exigeante mission : apporter le silence au cœur d’un monde de plus en plus violenté par le bruit.
Cette femme sans nom et sans pouvoir, surnommée la Poupée par celui qu’elle attend, se contente d’observer le vacarme extérieur qui bat à sa fenêtre. Dans le vide feutré de la maison, son existence transparente trouve pourtant à se dire. Nous voilà pris, retenus par sa voix économe, poétique, qui n’use que des mots nécessaires aux images que sa claustration convoque.

Images de mélancolie et de patience, de colère et d’incendie des sens. Vole en éclat la prison de verre. Se donne enfin le vaste monde. Un monde de bruit et de fureur, sans doute, mais aussi de douceur et d’espoir, de cris verts, de nuages jaunes, de langues rouges et d’humains multicolores.
En œuvrant à la connivence secrète des couleurs et des bruits, de la lumière et des sons, des perceptions et de l’émotion, Caroline Lamarche et Goele Dewanckel évoquent la mélancolie salvatrice d’un être avide d’altérité et de rencontres. Le temps de s’asseoir sur la chaise offerte, dès la première page, à notre méditation, nous découvrons grâce à elles une histoire à la fois douce et violente, grave et jubilatoire.

Entretien avec les auteurs

Revue de presse

Rarement un texte un peu mystérieux aura été autant magnifié par des illustrations qui le prolongent et le questionnent encore davantage. Goele Dewanckel est comme entrée dans les mots de Caroline Lamarche. (…) «La Poupée de Monsieur Silence» est une quête de soi, vivifiée par d’admirables illustrations où tout est à voir, où tout est à interpréter (…) Une fable magnifique (…) Une entente parfaite et féconde.  Lucie&Co


Caroline Lamarche offre ici un texte (conte ? fable ? parabole ?) puissant, dans sa profondeur et son apparente simplicité. Goele Dewanckel, elle, transcende les mots en les prolongeant par une lecture personnelle qui joue sur les contrastes du chaud et du froid, du plein et du vide. Et cet univers doublement construit et investi demeure pourtant encore ouvert au lecteur dont l’imaginaire et l’interprétation ne se heurtent à aucune voix monosémique. Ce qui est tellement jouissif. À chacun de trouver sa voie, sa voix… Le Carnet et les Instants